La révolutionnaire Google Stadia annoncée.

Le Jeudi 28 Mars 2019

Depuis le 19 mars 2019, le visage du jeu vidéo s’est mis à évoluer à nouveau de manière significative. Lors d’une keynote dévoilée à la GDC 2019 qui a fait grand bruit, le géant américain a dévoilé son ambition de devenir un acteur du secteur vidéoludique dans le cours de l’année en devenant le Netflix du jeu vidéo. Rien que ça !

Pour vous résumer le principe sommairement (et surtout si vous n’en avez pas encore entendu parler), Google espère proposer de jouer en streaming à n’importe quel jeu décliné par l’entreprise, et ce dans de bonnes conditions. Les licences de jeux ne vous appartiendraient plus, et vous pourriez jouer à Assassin’s Creed Odyssey avec la manette Stadia, sur votre téléphone, votre tablette ou votre ordinateur, le tout en passant d’un appareil à l’autre en toute simplicité. Il serait même possible de visionner et de rejoindre la partie d’un streameur ou un Youtubeur simplement en cliquant sur le bouton Jouer de la vidéo que vous regardez. 

Si la proposition est alléchante sur le papier, Google précise tout de même qu’une connexion de 25 mégabits en download est nécessaire (ce qui correspond en théorie à une connexion à la fibre optique relativement abordable). A partir de ce moment, à vous les joies de parcourir les plaines de The Elder Scrolls V: Skyrim ou l’excitation de jouer à GTA V sur n’importe quel appareil.

Comme vous devez vous en douter, il reste encore beaucoup de questions sur la réalité du service et surtout sur son potentiel réel d’utilisation. Il semble difficile de jouer à un jeu de combat comme Street Fighter V ou un jeu de course comme Gran Turismo Sport de façon fluide pour des sessions de gameplay qui réclament une certaine précision pour rester jouables. Plus important encore, quel sera le prix d’un abonnement et quelles conditions d’accès devront s’appliquer si l’offre est divisée en paliers d’achat ? Et on ignore encore le prix de la manette dédiée pour ceux qui voudront s’équiper avec la marque Stadia. Encore une fois, la promesse est belle mais en pratique il y a de quoi avoir de sérieuses réserves face à tout cela.

De même on sait que la Steambox est aujourd’hui un échec et Steam semble ne pas être en mesure de savoir quoi faire de la technologie qu’elle a développée. Pire encore, l’annonce du service Apple Arcade qui mise lui aussi sur une offre dématérialisée de jeux plus poussée que ceux développés que pour l’Apple Store suscite lui aussi des critiques. Face à toutes ces offres qui se superposent, on peut se demander si cette manière de penser le jeu vidéo a encore une réelle pertinence. D’autant qu’il est plus responsable au niveau écologique d’acheter ses jeux d’occasion que de faire chauffer les fermes de serveurs de ces entreprises.

Si on peut pousser la réflexion plus loin, si ce genre de modèle économique devient la norme dans quelques années, que deviendra le marché de l’occasion ? De manière un peu moins tangible, le début de la dématérialisation des jeux avait déjà soulevé quelques interrogations sur la propriété réelle des biens culturels vis-à-vis du consommateur et Google semble décidé à pousser le curseur encore plus loin. En louant les jeux via un abonnement à un service, que ce passera-t-il en cas de panne des serveurs de Google, notamment pendant une session en multijoueur ou pire encore si les serveurs sont fermés définitivement ? Au nom du tout accessible, sommes-nous tous prêts en tant que joueurs à ne plus rien posséder ? La question mérite d’être clairement posée au moment où ce bouleversement majeur s’opère. Google peut-il vraiment réussir là où le PlayStation Now cherche encore son public ? Le débat est ouvert même si chez Gamecash rien ne vaut la possession d’une boîte pour profiter de ces jeux préférés.

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